Parkour-parks ou parkour : il faut choisir

 « Entre la nature et nous, que dis-je ? entre nous et notre propre conscience, un voile s’interpose, voile épais pour le commun des hommes, voile léger, presque transparent, pour l’artiste et le poète », Henri Bergson, Le Rire.

Introduction

Face à l’hostilité exprimée par une partie des pratiquants du parkour devant l’inauguration, il y a peu, du premier parkour-park de France, les promoteurs et défenseurs de ce lieu invoquent la liberté individuelle: il faudrait laisser chacun libre de pratiquer là où bon lui semble, personne n’obligeant les pratiquants à venir s’entraîner sur cette nouvelle « aire de parkour » (1).

Le problème est qu’il ne s’agit pas là d’un simple débat d’opinions relevant de positionnements personnels sans autre incidence sur la pratique; ce qui est en question, c’est le sens même de la pratique, sa définition, son essence, et ce qui est en jeu, son devenir et la qualité de sa transmission. C’est tout du moins ce que je vais tenter de montrer ici. […]

De l’absurdité des parkour-parks

Cette démonstration aura l’avantage de se contenter de peu de mots dans la mesure où les arguments qui la motivent relèvent davantage du bon sens que d’un quelconque débat intellectuel.

En effet, pour constater l’incompatibilité des parkour-parks avec la pratique du parkour, il suffit de se reférer à la définition de ce dernier.

1-Définition du parkour

« Le parkour, c’est l’art de se déplacer, aussi bien dans le milieu urbain que dans le milieu naturel, et c’est se servir en fait de toutes les constructions ou les obstacles qui ne sont pas prévus pour à la base » (David Belle, fondateur du parkour)

2-Voie de conséquence

« Le monde est un terrain de jeux », disait David Belle. Si le monde est un terrain de jeux, nul besoin d’en construire! Tout est déjà là, partout autour. Encore faut-il savoir regarder autour de soi.

Se servir de tout ce qui n’est pas prévu pour à la base. Ce n’est pas là un point de détail de la définition, mais bien son coeur, ce qui caractérise cette pratique, c’en est l’essence. […]