Pour une conception dynamique du contrôle moteur

Les théories du contrôle moteur (à savoir, le contrôle des mouvements et des postures) devraient être à la base de toute réflexion sur l’enseignement et l’apprentissage de mouvements. Quoi de plus fondamental en effet pour un traceur ou un enseignant que de comprendre les processus qui se cachent derrière la capacité à contrôler finement nos gestes, à apprendre de nouvelles techniques et à les améliorer ?

Cependant, il me semble que c’est un sujet relativement peu discuté dans le monde du parkour. On préfère parler des méthodes d’entrainement de la force pour améliorer la détente, ou des caractéristiques techniques d’un bon saut de chat. Le contrôle moteur, qui évidemment sous-tends tout mouvement, est généralement laissé à l’état d’implicite. Cet article vise à mettre en avant la question du contrôle moteur, et en particulier s’attachera à proposer un modèle dynamique du contrôle moteur, avec des exemples pratiques pour l’apprentissage ou l’enseignement du parkour.

Dans la littérature scientifique, les théories sont grossièrement regroupées en deux courants, les approches prescriptives ou cognitives, et les approches dynamiques. […]

La compétition et le parkour

Ce texte s’intéresse à la question de la compétition en parkour, vise à clarifier la position « anti-compétition », à poser et critiquer des arguments fréquents, cela dans le but d’établir des bases afin de pouvoir élever le débat.

Commençons par relever 3 éléments, une fois pour toutes :

  1. Nous ne craignons pas pour notre pratique individuelle. Nous savons très bien que personne ne va nous forcer à faire de la compétition. Nous savons que, a priori, une pratique alternative est possible, même sous un modèle dominant (n’est-ce pas ce qu’est déjà le parkour, par rapport au monde sportif « traditionnel » ?).
  2. Nous ne sommes pas là pour imposer par la force notre modèle. Personne de sensé ne parle d’interdire la compétition. Néanmoins, nous considérons que le modèle non compétitif comme meilleur, et voulons donc le privilégier, en exposant de manière discursive les désavantages du modèle compétitif mais surtout en ne faisant pas la promotion des valeurs compétitives dans notre pratique personnelle (on pense ici principalement aux interactions avec les débutants ou le public, que ce soit entre amis, au sein d’une association, à travers les médias, etc.).
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