Parkour should remain an alternative: a manifesto

Parkour is currently in the process of sportisation : development of institutions outside and above the game ; commodification ; development of competition ; quantification of performance ; regulation ; standardisation ; creation of artificial places functionally dedicated to parkour, and separated from spaces of everyday life ; abstraction and codification of the corporal skills , development of particular training courses, autonomisation of the game in comparison to the utilitarian roots of the parkour…

This manifesto wants to claim an other parkour. Not necessarily the one from the « origins », but the one which is dear to us, which has transformed our lives and has the potential to transform those of others. The one which is experienced as an alternative to the dominant sports model. The one which appears unique to us. The one which makes us say : parkour is not, and will never become like other sports. And yet…

The purpose is not to rally everyone. But to reaffirm the practice we believe in. […]

Manifeste pour que le parkour reste une alternative

Le parkour est une discipline en pleine sportification : développement d’institutions en dehors et au-dessus du jeu ; commercialisation ; mise en compétition ; quantification de la performance ; régulation ; standardisation ; création de lieux de pratique artificiels, fonctionnellement dédiés séparés des espaces du quotidien ; abstraction et codification des techniques corporelles, développement de formations spécifiques, autonomisation du jeu par rapport aux origines utilitaires du parkour…

Ce manifeste veut revendiquer un autre parkour. Pas nécessairement celui des « origines », mais celui qui est cher à nos yeux, qui a transformé nos vies et a le potentiel de transformer celles d’autrui. Celui qui est vécu comme une alternative au modèle sportif dominant. Celui qui nous parait unique. Celui qui nous fait dire : le parkour n’est pas, et ne deviendra jamais comme les autres sports. Et pourtant…

Le but n’est pas de rallier tout le monde, mais de réaffirmer la pratique en laquelle on croit. Libre aux autres de suivre un autre chemin. […]

S’entraîner au Parkour ?

S’entraîner au Parkour c’est quoi ?
Il y a l’apprentissage d’un répertoire technique. La maitrise de son corps et la compréhension du mouvement. Un développement physique et mental.
Être capable de se déplacer à toutes vitesses, dans tous types d’environnement, de manière sure et contrôlée. Être capable de faire face à toutes sortes d’obstacles, savoir ce que l’on est capable de faire ou pas.
Découvrir la notion de fluidité sur des mouvements et des enchaînements. Apprendre à bien se réceptionner après un saut en hauteur, en longueur, de travers, avec ou sans élan, avec une maitrise de la roulade. Apprendre à doser un saut, pousser plus ou moins fort et dans la bonne trajectoire pour un amorti léger, précis et équilibré.
S’entraîner à passer partout, prendre appuis sur un mur et se hisser au dessus, des murs de toutes tailles, avec tous types de revêtements. Être capable de grimper dans un arbre, sauter sur un tronc, une branche, une barrière, un poteau, marcher en équilibre sur une barrière, faire un tour sur sois même, se déplacer suspendu par les bras…
Faire un tic-tac, un passe muraille, un retour, un saut de fond, un saut de chat classique, plongé, inversé, intégral, un lazy-vault de face, de coté, un speed-vault, un passage glissé, un passage espagnol, une simple roulade, avant, arrière, de coté, plongée… Il existe une infinité de techniques à découvrir, à créer sur mesure…
S’aventurer dans toutes sortes de parcours et viser le « sans fautes » pour apprendre à se fixer des objectifs réalisables du premier coup. […]

Interdire le dopage génétique, est-ce éthique ?

Récemment, l’agence mondiale antidopage (AMA) a publié la mise à jour de son code, applicable dès 2018[1]. Le dopage génétique y était déjà présent depuis 2003, en tant qu’éventualité, mais ce nouveau code compte maintenant une interdiction très spécifique de  « l’utilisation d’agents d’édition génomique conçus pour modifier les séquences génomiques et/ou la régulation transcriptionnelle ou épigénétique de l’expression des gènes ». Ceci fait également suite au développement de techniques de génie génétique prometteuses, telles que celle utilisant le fameux système CRISPR-Cas9. Pour le dire vite, la nouvelle règle de l’AMA interdit les techniques visant à supprimer ou ajouter des séquences d’ADN dans le code génétique, de même que celles permettant de désactiver ou d’activer des gènes spécifiques.

On peut trouver ça souhaitable, surtout lorsque l’on songe aux dommages que pourrait causer une prolifération sauvage de technologies modifiant génétiquement les humains, avec les risques sanitaires mais également normatifs (être modifié se normalise, et peut devenir une exigence pour mener une vie sociale ou professionnelle normale) auxquels on peut penser. […]

La compétition et le parkour

Ce texte s’intéresse à la question de la compétition en parkour, vise à clarifier la position « anti-compétition », à poser et critiquer des arguments fréquents, cela dans le but d’établir des bases afin de pouvoir élever le débat.

Commençons par relever 3 éléments, une fois pour toutes :

  1. Nous ne craignons pas pour notre pratique individuelle. Nous savons très bien que personne ne va nous forcer à faire de la compétition. Nous savons que, a priori, une pratique alternative est possible, même sous un modèle dominant (n’est-ce pas ce qu’est déjà le parkour, par rapport au monde sportif « traditionnel » ?).
  2. Nous ne sommes pas là pour imposer par la force notre modèle. Personne de sensé ne parle d’interdire la compétition. Néanmoins, nous considérons que le modèle non compétitif comme meilleur, et voulons donc le privilégier, en exposant de manière discursive les désavantages du modèle compétitif mais surtout en ne faisant pas la promotion des valeurs compétitives dans notre pratique personnelle (on pense ici principalement aux interactions avec les débutants ou le public, que ce soit entre amis, au sein d’une association, à travers les médias, etc.).
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Philosophie et pratique sportive

A la suite de Pierre Hadot et de Michel Foucault, la philosophie antique peut être conçue comme exercice spirituel, c’est-à-dire comme une “discipline dont l’enjeu est de transformer la manière de vivre, d’appréhender le monde”[1]. Il s’agissait indissociablement d’un discours et d’une mise en œuvre pratique, y compris corporelle. Or le discours et la pratique, l’intellect et le corps sont aujourd’hui le plus souvent séparés et même régulièrement montés en opposition. Dans le milieu scolaire par exemple, le sport est souvent perçu comme une perte de temps, limitant les activités intellectuelles. On argumentera ici au contraire le besoin d’une unité. Or, il me semble que l’on peut s’inspirer de la philosophie antique pour penser une telle unité et concevoir un mode de vie philosophique (ou une philosophie comme art de vivre) adapté à notre époque. Comment doit-on alors y penser la place du sport ?

Dans le langage courant, le mot sport est utilisé de manière peu spécifique, regroupant les jeux antiques et modernes, les pratiques physiques, qu’elles soient hygiéniques, compétitives, ludiques ou d’entrainement.

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Mais pourquoi ils font ça ?!

Introduction

Lorsqu’on m’a proposé d’écrire un article pour Urban Culture et pour la FPK, j’ai été bien chaud jusqu’à ce que vienne le moment de prendre la plume: qu’allais-je donc bien pouvoir écrire? Il me semblait que tous les sujets intéressants avaient déjà été choisis. Et si c’était pour rédiger des banalités dites et redites, autant m’abstenir. Je me suis donc abstenu – dans un premier temps. L’idée m’est ensuite venue d’utiliser un joker. J’ai donc fait appel à l’une de mes sœurs et à ma mère, toutes deux parfaites incultes en la matière, et leur ai demandé quelle était la première question qui leur venait à l’esprit lorsqu’on leur parlait du parkour. La réponse ne s’est pas faite attendre, elles ont répondu toutes deux dans un unisson quasi-symphonique, l’une « à quoi ça sert?« , et l’autre « quel est l’intérêt« .

Hum. Passés le terrible choc et la profonde désillusion liée à une telle incompréhension de la part de ma propre famille, je me suis dit que je tenais peut-être une idée à creuser. […]

Le Parkour, la vie.

Bien que l’activité soit en plein boom, le terme de « parkour » (ou de « traceur », le pratiquant de parkour) ne parle pas encore à tout le monde. Wikipédia parle d’une « activité physique qui vise à un déplacement libre et efficace dans tous types d’environnements, et en particulier hors des voies de passage préétablies ». La fédération de parkour décrit une « activité physique consistant à se déplacer efficacement grâce à ses seules capacités motrices, dans différents types d’environnements ». On entend souvent que c’est « l’art de se déplacer d’un point A à un point B de la manière la plus efficace possible ». Souvent, le stéréotype classique se représente des « jeunes casse-cous qui grimpent, courent et sautent partout, en particulier en faisant des saltos d’immeuble en immeuble ».

J’y vois quant-à moi un objet bien plus simple et bien plus large. Le parkour commence dès lors que confronté à un obstacle menaçant votre avancée, vous choisissez de ne pas faire demi-tour – du moins, pas d’office. […]

Pourquoi parkour-literally.com ?

En 25 ans, le parkour s’est propagé partout. Mais n’importe comment.

Le parkour a beau s’être répandu partout, il s’est perdu quelque part sur la route. A ce jour, beaucoup de personnes le pratiquent, sans pour autant avoir la moindre idée de ce dont il s’agit. Les gens bougent, mais ne savent plus pourquoi. Ils ont perdu le sens. Ils font des vidéos pour mesurer la longueur de leur saut de chat-précision, pour se mesurer les uns aux autres. Ils sautent toujours plus loin, plus haut, sont capables de de performances toujours plus impressionnantes, et dont c’est d’ailleurs l’unique vocation: impressionner. Ils font du spectacle, se donnent à voir dans des “jams”, dans des “showreels”, dans des publicités marchandes, sur Facebook, sur Youtube, partout où ils le peuvent. Ils ont parfois du talent mais jamais aucune humilité, parfois du cran mais jamais aucune lucidité, ils font souvent des sauts très grands, mais sans aucune utilité. Ils font pour montrer. Pour se montrer. […]

Manifeste contre l’organisation de compétitions de parkour

Nous, traceuses et traceurs de France et d’ailleurs, nous opposons le plus fermement du monde à l’organisation de championnats et compétitions de parkour.

Cela pour deux raisons majeures:

1-La compétition n’est compatible avec aucun des principes du parkour

« Le parkour est une méthode d’entraînement ».

Celui qui a dit ça n’est autre que son fondateur, David Belle. Il y est question d’efficience, et non de performance; de passer des obstacles, pas de gagner un prix. Et puisqu’il s’agit d’une méthode d’entraînement, cela suppose de l’entraînement, et non du spectacle. Le parkour n’est pas un sport, et n’a rien en commun avec le sport si ce n’est l’usage physique qu’il fait du corps humain. C’est une méthode d’entraînement technique, physique et mentale, une discipline impliquant une philosophie, une façon particulière de penser, de s’entraîner, et de regarder autour de soi.

La compétition n’est rien d’autre que du spectacle. C’est l’adversité donnée en spectacle. Les gens vous jugent sur votre performance physique dans un temps donné. […]