À propos de la non-mixité dans le milieu du parkour : constats, questionnements et perspectives

Il me faut d'abord préciser que je suis un mec, et bien qu'ayant recueilli des témoignages auprès de nombreuses pratiquantes, puis débattu et discuté avec elles des thèmes abordés dans cet article, je reste un mec. Je ne suis pas victime des oppressions que je peux décrire et dénoncer, et mon point de vue est peut être déplacé sur certains sujets. Je m'efforce de ne pas déborder de ce que je m'estime légitime de dire : dénoncer des structures, des organisations que j'ai observé fonctionner, critiquer la position ou le comportement de mecs et souligner le sexisme intériorisé de certaines filles. Je me refuse à prendre une position paternaliste et à dicter aux filles concernées l'attitude à avoir face au patriarcat. J'espère ne pas dépasser ce cadre, mais n'hésitez pas à reprendre, compléter ou critiquer mes propos.

Pour commencer cet article, j’aimerais contextualiser un peu : qu’est-ce qu‘on entend ici par non-mixité ? Ce dont on parle ici, c’est de non-mixité politique, pas simplement de non-mixité comme on en trouve dans les toilettes publiques. Bien entendu, la non-mixité n’est pas spécifique au milieu du parkour : on la retrouve historiquement dans beaucoup de milieux militants. Elle consiste simplement en une pratique partagée par un groupe social, généralement oppressé ou en conflit avec un autre, qui cherche à créer des espaces spécifiques de discussion, d‘activité, de vie, etc., en n’étant pas en présence de l’autre groupe. Dans le cas qui nous intéresse, on parlera spécifiquement de la non-mixité de genre. Cette pratique féministe découle du constat que notre société est fortement genrée et patriarcale : les rôles sociaux sont, implicitement ou non, attribués dès la naissance, et toute une gamme d’activités et de places dans la société sont réservées presque exclusivement aux filles ou aux mecs. De fait, parmi bien d’autres conséquences de ce clivage, que l’on ne développera pas ici, les filles sont grandement victimes de cette répartition des rôles. Qu’elles essayent ou non de transgresser la place qu’on leur attribue, elles n’en sortent de toute façon pas gagnantes, le choix se limitant souvent à la soumission ou la répression plus ou moins explicite de leur comportement hors-norme. La non-mixité, dans ce contexte, s’inscrit comme un outil d’émancipation des filles – donc de lutte – contre le regard et le jugement des mecs, ainsi que de leur comportement. Il est bon de rappeler que ce n’est qu’un outil, pas une fin (revendiquer un droit à la non-mixité ne veut pas dire qu’on veut se débarrasser des mecs…), et qu’il n’est pas non plus parfait (il n’y a pas que les mecs qui ont des comportements ou propos sexistes à l’égard des filles…).

 

Sans grande surprise, le milieu du parkour n’est clairement pas exempt de sexisme. Le patriarcat s’y retrouve, comme partout ailleurs dans la société. Une des conséquences les plus visibles de ce système de normes est que l’écrasante majorité des pratiquants sont des mecs (parmi les membres de la FPK, en France, 84 % des pratiquant.e.s sont des mecs). Toutefois, beaucoup d’autres comportements récurrents chez les pratiquants sont symptomatiques : qui n’a jamais entendu de propos virilistes pendant un entraînement ? La performance physique est très souvent associée à des critères masculins : « avoir les couilles de le lancer », « sois un vrai mec », etc. À l’inverse, l’image de la féminité « fragile » revient souvent elle aussi : « même les filles ont réussi », « fais pas ta fillette », « tu bouges comme une fille », etc. Il est à noter que le sexisme du milieu du parkour tourne habituellement autour de la performance. Il n’est pas tant question de trouver « anormal » qu’une fille fasse du parkour, mais plutôt qu’elle y soit douée. D’ailleurs, combien de fois ai-je entendu dire d’une pratiquante douée qu’elle « bouge comme un mec » ?

Cela soulève deux idées intéressantes. D’un coté on constate que la croyance qu’une fille est forcément moins performante qu’un mec a la vie dure ; de l’autre on en revient à la vieille question du rapport à la performance dans le parkour. Nous avons tous constaté à quel point la valorisation de la performance est croissante dans notre pratique. L’union de ces deux problématiques donne lieu à des considérations très peu inclusives : j’ai souvent observé des groupes de mecs refuser de bouger avec des filles de peur qu’elles « ralentissent », que ce soit « moins fun », sans même connaître leur niveau, sans jamais les avoir vu bouger. Le fait de refuser de bouger avec quelqu’un à cause de son niveau est déjà en soi critiquable, mais préfigurer du niveau de cette personne sur la base de son genre, voilà une conséquence-clé du patriarcat dans le milieu du parkour. Son symptôme le plus impressionnant s’observe quand certains pratiquants ne considèrent même pas une pratiquante, pensant qu’elle est sûrement la copine d’un traceur du groupe, venue regarder, mais n’imaginant même pas qu’elle puisse faire elle aussi du parkour. Une conséquence moins évidente est le fait que beaucoup de pratiquants approchent leur relation avec les pratiquantes de façon paternaliste. Typiquement, proposer sans cesse aide, parades et conseils aux pratiquantes, là où on se serait bien abstenu si c’était un mec.

Ce qui est terrible avec le sexisme et plus généralement avec les normes oppressives, c’est qu’elles sont souvent très bien intégrées par leurs victimes. Et c’est une des raisons qui explique qu’aussi peu de filles s’intéressent d’elles-mêmes au parkour ou poussent leur démarche jusqu’à rejoindre un groupe. En effet, chez les nombreuses débutantes avec qui j’ai pu discuter de cette question, les deux problèmes que j’ai soulevé se retrouvent : nombre d’entre-elles sont convaincues d’être forcément moins performantes que des mecs et sont convaincues que c’est forcément un problème pour le groupe. Beaucoup ne continuent pas à pratiquer parce qu’elles ne se sentent pas progresser, qu’elles ont l’impression que ce n’est pas « adapté » pour elles ou encore parce qu’elles ne se sentent pas à l’aise dans un groupe de plus haut niveau qu’elles, et qu’elles se sentent comme un poids pour le groupe.

Laissons ces constats de coté pour l’instant pour parler d’un autre facteur expliquant la moindre proportion de filles dans le milieu du parkour. Il s’agit de celui du sexisme classique, des comportements qui ne sont en rien spécifiques au milieu du parkour. Il n’est guère surprenant que, dans des groupes majoritairement masculins, peu de remise en question de certains comportements ou de certaines normes ait lieu. Les comportements les plus communs que j’ai pu observer sont la mise en concurrence des pratiquantes par les pratiquants (repérer celle qui bouge le mieux, celle qui n’est « pas comme les autres »), leur sexualisation/objectification (« qui n’a jamais rêvé d’avoir une copine qui fait du parkour ? »), voire carrément des comportements de type harcèlement physique ou moral (typiquement, proposer une parade systématiquement n’est pas juste paternaliste, c’est souvent intéressé, et j’ai déjà vu beaucoup de gens en abuser pour mettre une main aux fesses en rattrapant la pratiquante, ou ce genre de choses). Par ailleurs, on peut noter que dans le milieu du parkour, comme partout ailleurs, les filles n’occupent presque jamais de postes à responsabilités, que ce soit dans l’administration des structures ou dans l’enseignement.

Mis bout à bout, ces comportements et ces normes intériorisées aussi bien par les mecs que par les filles ne sont clairement pas un climat d’accueil favorable pour que des filles s’initient à la pratique, et encore moins pour qu’elles ne s’y épanouissent ou ne se l’approprient. Du manque de confiance en soi au jugement des autres, des remarques sexistes aux excès de certains, il devient donc important de se poser les bonnes questions pour faire changer ça.

 

C’est ici que la question de la non-mixité entre en jeu : beaucoup d’associations ont fait le choix de l’instauration d’un créneau en non-mixité pour facilité l’intégration des filles dans le milieu du parkour.

Évidemment, la non-mixité en tant que telle dispose de plusieurs avantages évidents. Je tiens à distinguer deux objectifs très différents qui sont d’une part, le « recrutement » de filles dans les communautés de parkour, et d’autre part, l’intégration et l’épanouissement effectif de ces pratiquantes.

Sur la question du recrutement, la non-mixité s’avère plutôt efficace, les associations proposant de la non-mixité ayant un taux de participation féminin bien plus élevé (28 % à PKL, contre une participation féminine inférieure à 15 % dans n’importe quelle autre structure suisse). Cela s’explique principalement par deux facteurs : d’un coté, l’existence d’un « créneau fille » permet à la structure qui le propose d’avoir une communication tournée explicitement et exclusivement vers un public féminin sans donner l’impression qu’il s’agit d’une groupe de mecs en manque de fille qui recrute (bien que ce soit pourtant souvent le cas, mais on y reviendra). De l’autre, l’idée d’un créneau fille est séduisante pour les pratiquantes potentielles qui n’osent pas ou ne veulent pas rejoindre un groupe majoritairement masculin, ou qui ne sont pas à l’aise avec l’idée de pratiquer un sport qu’elles voient elles-mêmes comme masculin. On retrouve dans ce second point le rôle historique de la non-mixité : une stratégie de défense et d’émancipation face aux normes patriarcales.

Sur la question de l’intégration et de l’épanouissement, la non-mixité permet aux filles de se retrouver en majorité (la non-mixité est rarement exclusive, on reviendra sur ça aussi) dans un groupe, ce qui diminue grandement le poids des stéréotypes négatifs liés à la pratique féminine du parkour, lié à la pression sociale. Cela permet également de favoriser les liens d’entraide fille-fille, là où un groupe majoritairement masculin favorise les comportements d’aide unidirectionnelle mec-fille, voire de compétition fille-fille. Même si les avantages sont évidents, le bilan est plus mitigé car, même pendant les créneaux mixtes, les groupe affinitaires sont encore rarement mixtes et les filles qui s’installent durablement dans la pratique restent peu nombreuses.

 

Toutefois, j’ai rarement été satisfait de ce que j’ai pu observer, les solutions proposées étant souvent inadaptées aux problèmes que j’ai soulevé dans la première partie de ce texte, voire même contre-productives dans certains cas. J’ai deux reproches principaux à faire à la non-mixité telle qu’elle est mise en place dans le milieu du parkour. Ces deux constats reposent sur un détournement de la nature même de la non-mixité : elle n’est plus utilisée en tant que porte de sortie des oppressions sexistes, ce qu’elle devrait-être, mais soit comme porte d’entrée vers le milieu du parkour soit comme finalité.

Je pense qu’il est bon, ici, de rappeler que l’objectif théorique de la non-mixité est de faire reculer le patriarcat dans le milieu du parkour. Beaucoup de pratiquant.e.s oublient ça, et voient uniquement dans la non-mixité un « moyen de faire rentrer des filles dans l’asso », sans aucune conviction féministe, sans aucune remise en question des normes et des rapports d’oppression qui expliquent l’absence de filles dans l’asso en premier lieu. C’est un vrai problème, parce que certaines solutions fonctionnent très bien dans une perspective de recrutement, alors qu’elles sont particulièrement sexistes, et sont donc choisies par des groupes peu sensibilisés à ces questions. Il faut donc veiller à ne pas confondre ces objectifs.

Le premier détournement est donc de penser la non-mixité comme une porte d’entrée vers le parkour. Cela a des conséquences très diverses que je vais détailler ici.

Un des premiers symptômes de ce détournement, c’est qu’elle est mise en place par des mecs. L’initiative n’est presque jamais féminine. J’en ai touché un mot plus haut, mais derrière des apparences trompeuses, il s’agit bien souvent d’un groupe de mec cherchant à intégrer des filles à leur communauté (il y a bien sûr des contre-exemples, mais ils sont rares, et souvent peu satisfaisants, on y reviendra), parfois pour de mauvaises raisons, souvent d’une mauvaise façon.

Ainsi, la non-mixité est souvent pensée comme une zone-tampon pour que les filles déconstruisent leurs blocages, comme une pratique préparatoire pour pouvoir bouger avec des mecs et intégrer la « vraie » communauté, mixte. Cela sous-entend que c’est à elles seules de réfléchir aux problèmes du patriarcat : si une fille n’arrive pas à s’intégrer au groupe mixte, c’est « de sa faute », elle n’a pas assez confiance en elle, ne s’impose pas assez, elle devrait en rester à la non-mixité pour continuer à travailler sur elle. Bien souvent, les pratiquants n’ont pas conscience des attitudes ou comportements au sein du groupe mixte qui sont oppressants, et le seul effort de créer un créneau non-mixte devient « suffisant », puisque « féministe », et ferme la porte à l’auto-critique. Par ailleurs, le fait que seules les filles aient « besoin de ça » pour faire du parkour renforce l’idée que ce n’est pas fait pour elles, qu’elles ont besoin d’aménagements. C’est une démarche paternaliste, critiquable aussi bien politiquement que dans la pratique, puisqu’elle véhicule l’idée que les filles ne sont même pas capables de s’organiser entre elles, il faut que des mecs organisent la non-mixité pour elles.

Un autre symptôme, similaire, est le fait que, bien trop souvent, les cours en non-mixité (même quand ils sont à l’initiative de filles) sont encadrés par des mecs, ou dans les meilleurs des cas par des encadrants mixtes. J’enfonce sûrement des portes ouvertes en expliquant pourquoi c’est un problème, mais allons-y : le souci principal, c’est que, encore une fois, l’idée que seuls les mecs peuvent être réellement compétents dans le parkour est véhiculée. On se retrouve encore dans une situation où les mecs sont indispensables à la pratique féminine, les filles ne pouvant définitivement pas pratiquer seules, puisque même en non-mixité, elles ont besoin de mecs pour leur enseigner le parkour ! Je liste sans les développer les problèmes que cela cause : c’est un frein conséquent à la construction d’une autonomie/confiance en soi chez les pratiquantes, c’est un facteur de risque conséquent de diffusion de stéréotypes sexistes, même involontairement, par l’encadrant mec, ça détruit la perspective de se protéger d’un regard masculin, ça rend difficile les conversations critiques à l’égard de comportements sexistes, particulièrement si c’est celui d’un des encadrants, etc.

Le second détournement est de faire de la non-mixité une finalité. Beaucoup de pratiques y conduisent sans forcément que ce soit évident.

La non-mixité est souvent vidée de sa dimension politique, même dans des groupes strictement non-mixtes et organisés par des filles. Beaucoup de créneaux non-mixtes ne sont pas adaptés à une remise en question du patriarcat. En tant que démarche féministe et critique des normes sexistes, la non-mixité devrait s’accompagner d’une remise en question explicite de ces normes et d’une critique, quand c’est nécessaire, du comportement des individus les ayant intériorisés. Or, dans la majorité des cas, cette dimension politique est oubliée, et la non-mixité consiste simplement à faire du sport entre filles puis rentrer chez soi. Évidemment, ce tabou contribue grandement à l’intériorisation des normes sexistes, puisqu’elles ne sont jamais remises en question ouvertement. Il arrive même parfois que ces normes soient explicitement renforcées, même en stricte non-mixité.

C’est ici que le stéréotype selon lequel les filles ne pourraient pas performer physiquement dans le parkour fait son grand retour. Comme on l’a dit plus haut, la norme n’exclue pas qu’une fille pratique, juste qu’elle réponde aux standards de performance virilistes présentés plus haut. Cela dit, rien ne l’empêche de répondre à d’autres standards, plus « féminins ». Les normes de genre associent souvent la féminité à la grâce, la souplesse, la fluidité, et il n’est pas rare d’observer ça, aussi bien dans les discours que dans les pratiques : là où les mecs sont puissants et héroïques les filles sont précises, techniques. Le stéréotype est tellement ancré, aussi bien chez les pratiquants que les pratiquantes, qu’on a souvent l’impression qu’il y aurait deux parkour, le « parkour des mecs », physique, et le « parkour des filles », délicat. Il n’est pas rare que des groupes non-mixtes renforcent ce stéréotype.

Bien sûr, l’existence de ce « parkour féminin » dans l’imaginaire collectif des pratiquantes est séduisant pour certaines, qui se retrouvent plus facilement dans cette pratique que dans le parkour traditionnel, qui serait « masculin ». Cette idée est particulièrement vicieuse, en effet, elle ouvre une porte aux pratiquantes pour se faire une place dans le milieu du parkour. Ce stéréotype est même utilisé pour attirer des pratiquantes, j’ai déjà entendu des encadrant.e.s affirmer qu’il fallait faire des cours « moins physiques, plus techniques » pour que cela « attire un public plus féminin », particulièrement dans le contextes de cours non-mixtes. Et le pire, c’est que ça marche. Cela, à nouveau, à des conséquences : puisque la découverte du parkour se fait en non-mixité et que la pratique non-mixte est différenciée et déchargée de sa raison d’être politique, l’intégration au groupe mixte est rendue beaucoup plus difficile, puisque la discipline pratiquée n’est tout simplement plus la même. La non-mixité devient alors une fin.

Cette situation n’est pas satisfaisante : elle ne fait que renforcer la ségrégation liée au genre, et ferme toujours la porte aux filles d’une pratique libre du parkour, puisqu’elles sont enfermées dans une approche « féminine », différenciée de la pratique traditionnelle. La division renvoie d’ailleurs aux questions de virilisme et de culte de la performance évoquées plus haut : cette différenciation est rarement neutre, elle est souvent liée à un jugement de valeur. Pourtant, ces deux approches de la pratique ne sont pas forcément exclusives (elles sont même complémentaires) et devraient pouvoir être choisies librement, indépendamment du genre.

Cela n’a rien d’inédit, on le retrouve dans beaucoup d’autres sports. Le cas plus flagrant est sûrement celui de la gymnastique, où la pratique est non-mixte et hermétiquement cloisonnée, au point qu’il s’agisse carrément de deux sports différents, chacun correspondant aux stéréotypes du genre en question. Il est notable qu’en gymnastique non plus, la différenciation n’est pas neutre ou émancipatrice : certains branches de la pratique féminine sont codifiées de façon à répondre directement à des exigences esthétiques liées au regard et au désir masculin, bien que la pratique soit en non-mixité complète.

 

Pourtant, ces deux pièges ne sont pas une fatalité. Toutefois, cela nécessite une pratique de la non-mixité réellement émancipatrice, organisée par et pour des filles conscientes de ces enjeux. En effet, en pensant la non-mixité comme une réaction aux obstacles que rencontrent les filles dans leur volonté préexistante de pratiquer le parkour, il ne peut y avoir de différenciation, puisque l’objectif est précisément de combattre collectivement les stéréotypes qui en sont la cause. Par ailleurs, cela met en avant qu’il y a des filles qui font du parkour « comme des mecs » entre-elles et d’elles-mêmes, et qui refusent, au moins ponctuellement, de s’entraîner avec des mecs. Dans cette situation, l’indépendance des filles est réelle. Il ne s’agit plus d’un aménagement dégradant à la pratique, mais d’un choix politique, ce qui va à l’encontre de l’idée selon laquelle le parkour ne serait pas « fait pour elles ». Par ailleurs, cela peut plus facilement conduire à une remise en question du groupe masculin. Il me paraît fondamental d’aborder la non-mixité avec la conscience de ces deux pièges, et la volonté ferme de ne pas y tomber.

 

Je pense que ce qu’il faut retenir de cette critique, c’est que la lutte d’émancipation des femmes appartient aux femmes. Ce n’est pas aux pratiquants de fournir les outils qu’ils estiment adaptés aux pratiquantes. Le rôle des pratiquants désirant sincèrement contribuer à l’émancipation des femmes devrait déjà être, avant d’essayer de leur faire faire du parkour, de se remettre en cause, individuellement et collectivement. La responsabilité des mecs dans le patriarcat est indéniable, et commencer par là me semble incontournable. Par ailleurs, les pratiquants simplement motivés par le fait que « plus de filles fassent du parkour » sans réfléchir aux enjeux et au contexte devraient eux aussi se remettre en question, car leur exigence, déguisée en féminisme, est profondément sexiste.

Si des filles veulent pratiquer le parkour, il est évident que la communauté se doit de les accueillir, de leur faire une place, et de remettre en question ce qui, dans ses comportements, peut être un obstacle pour elles. Il est même possible, en fait, de leur proposer des outils d’émancipation si elles expriment des difficultés, de réfléchir collectivement avec elles des remises en questions de chacun. Il est même possible, pourquoi pas, de leur suggérer de s’organiser des créneaux non-mixtes, si on pense que ça peut servir, et qu’elles n’ont pas eu cette idée. Il n’est pas exclu non plus de critiquer quand c’est nécessaire celles qui diffusent des normes sexistes qu’elles ont elles-même intériorisé. Mais il est clairement déplacé, et il sera toujours déplacé, de faire les choses à leur place, tout comme il sera toujours déplacé de mettre la faute sur elles et d’oublier de se remettre en question.

9 commentaires

  1. Aurélien

    Il est quand même dommage, au milieu de cette analyse qui contient de bonnes idées de n’utiliser qu’une seule fois le terme femme et plusieurs dizaines de fois celui de fille. La différence de sens de ces deux mots fait d’autant plus sens dans le contexte de cet article.

    On peut y opposer le nombre important d’occurrences de « mec », et l’absence du terme garçon, qui ferait sens avec fille.

    http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/fille/33732
    http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/femme/33217?q=femme#33141

    1. Mayt

      Remarque pertinente. Je tiens a expliquer ce choix : j’ai voulu éviter les termes « homme » et « femme » parce qu’ils sont pour moi des concepts (d’où la conservation de « émancipation de la / des femme », là où « fille » et « mec » renvoient à des usages plus courant et familiers. Les filles de la communauté s’appellent entre elles filles, et même les les créneaux féminins sont qualifiés de « créneau filles », ce choix me paraissait adapté. D’autant que ça colle à la définition : « personne de sexe féminin originaire d’un lieu ou d’un milieu [le milieu du parkour, ici] ». Là où j’étais moins sur, par contre, c’était sur le choix de « mec ». Effectivement, « garçon » aurait été adapté, mais tellement absent de l’usage commun que le texte prenait une tournure étrange. J’ai hésité entre utiliser « mec » ou « gars », plus familier. Peut-être que ça aurait été mieux de choisir « gars », je ne sais pas ? L’usage courant dans la communauté étant plus souvent « mec », j’ai opté pour ça, mais je peux revenir dessus si certains pensent que c’est mieux.

      1. Aurélien

        L’usage courant de la communauté est-il justement pertinent ?

        Que les hommes se qualifient de mec et les femmes de filles est à mon sens une preuve de plus du sexisme présent là dedans comme le précise ce passage de l’article :
        « La performance physique est très souvent associée à des critères masculins : « avoir les couilles de le lancer », « sois un vrai mec », etc. À l’inverse, l’image de la féminité « fragile » revient souvent elle aussi : « même les filles ont réussi », « fais pas ta fillette », « tu bouges comme une fille » »

        Le mec c’est bien souvent la représentation de la puissance, de l’audace et de la réussite tandis que la fille, tout l’inverse. Et même femme est souvent diminué avec un « femmelette » qui n’a, à ma connaissance, pas son pendant masculin.

        L’un des axes d’attaque contre le sexisme, c’est déjà de faire comprendre à ceux qui l’ont intériorisé, hommes comme femmes, qu’ils en sont victimes, même sans le savoir et qu’ils en sont souvent vecteurs sans le vouloir. Là dessus, il y a du travail !

        1. Mayt

          Si on part dans cette direction, accepter qu’un mot comme « fille » devienne en lui-même réducteur, et se priver de l’utiliser, ça ne peut conduire qu’à ce qu’il advienne la même chose de « femme », et qu’on doive trouver un nouveau mot, ainsi de suite. Pour moi, au contraire, c’est en laissant des mots devenir péjoratifs qu’ils le deviennent. Il y a dans le féminisme de nombreuses personnes qui essayent de se réaproprier ces mots. L’exemple typique, c’est « meuf », que beaucoup de femmes choisissent d’utiliser pour se désigner elles-mêmes, justement pour détacher ce mot de sa connotation péjorative. C’est aussi ce que font bon nombres d’homosexuel.le.s qui revendiquent « pédé » et « gouinne » comme des qualificatifs dont ielles sont fiers, pour qu’ils ne puissent plus être utilisés contre elleux comme insulte. Je trouve que ça plutôt intéressant d’aller dans ce sens, pourquoi laisser des mots devenir ce qu’ils ne devraient pas être en les banissant de nos discours « politiquement corrects » ?

          1. Aurélien

            Je ne bannis pas le terme, je l’utilise avec un sens juste :

            – dans un groupe de préados, il y a des filles,
            – dans un groupe d’adultes, j’utilise le terme femme
            – si je parle d’une généralité, du genre je parle de femme.

            J’évite en revanche d’utiliser fille ou de m’octroyer le droit, en tant qu’homme de le généraliser à toutes les femmes, ce qui me semble justement très maladroit. 😉

  2. Léo

    Très étonné dans cet article – fort intéressant au demeurant – de ne pas avoir lu une seule ligne sur les questions de morphologie. Cela me semble pourtant central dans une discipline physique aussi complète que le Parkour. Peut-être pour un prochain article ? 😉

    1. Parkouriste

      oui tout à fait d’accord, je pense que la question mérite d’être abordée, il s’agit d’un sujet tabou dont on ne parle pas assez et un article bien construit comme celui-ci sur ce thème pourrait bien briser la glace

  3. Bel exposé de la situation, bien construit et bien écrit, toutefois au delà de la critique, quelles solutions s’offrent ?

    S’arrêter à la non mixité pour décomplexer les filles sans pousser à la mixité, c’est mauvais mais je pense justement que les encadrant poussent dans l’autre sens, sans succès – pourquoi ? Comment faire mieux ?

    Faire encadrer les créneaux filles par des mecs, c’est mauvais mais comment faire autrement lorsqu’aucune fille n’a les compétences, ou pire encore l’envie ? Pourquoi ? Comment faire mieux ?

    D’autre part tu dis que la d’émancipation des femmes appartient aux femmes. C’est vrai, mais attention à ce que les mecs ne prennent pas ça comme excuse pour se voiler la face et ne surtout pas donner un petit coup de pouce au destin ! Quelle serait la situation des esclaves aux États-Unis si Lincoln n’avait jamais élevé la voix en leur faveur ?

    Enfin, il y a quelque chose de fondamental sur lequel je ne suis pas d’accord avec toi, c’est que pour moi la différence mec-fille est un peu plus qu’un concept, ne serait-ce que physiquement. Mais c’est un vaste débat dans lequel je ne veux pas entrer ici !

  4. Leslie | Forum ADDPK.org

    Merci Mayt, d’avoir dit tout ce qu’une femme n’aurait pas pu dire sans qu’on l’accuse ensuite de « haïr » les hommes, d’être « excessive » ou d’être tout simplement « saoulante »…

    Même entre femmes, il peut être difficile d’aborder le sujet, car certaines se mettent à légitimer cette auto-censure : elles ne veulent pas être assimilées à des « victimes », ce qui seraient perçues selon elles comme un signe d’ « impuissance ». Elles préfèrent donc se réfugier dans le déni de « Nan, mais ils le pensent pas vraiment, ils plaisantent… C’est juste leur façon de parler. »

    Alors qu’en fait, c’est pour cette raison à mes yeux que le week-end annuel des Traceuses de France (dernier week-end du mois de juin), est un havre de paix : il s’agit d’un moment où les femmes peuvent tracer sans être dénigrées, sans sentir dans le regard de l’autre qu’il leur « manque » quelque chose, si ce n’est de la pratique en fonction de ce qu’elles cherchent à accomplir.

    Un moment où les femmes peuvent se sentir *faire partie du groupe* sans être marginalisées, sans avoir à prouver « qu’elles sont des hommes », car justement elles ne souhaitent pas l’être en vrai… elles veulent juste tracer !! 😛

    Où les plus expérimentées peuvent guider les débutantes, non pas en se contentant de « penser que ça doit être possible pour elles », mais en *sachant que ça l’est*.

    Un moment où chacune *peut s’identifier* et surtout *prend le temps de s’intéresser* aux autres, où l’on s’adresse à elles avant tout en tant que traceuses plutôt que de les réduire à leur genre, car il n’a en effet pas d’importance en réalité (même si c’est la discrimination qui lui est associée qui du coup les réunit lors de ce week-end) : ce qui les lie reste avant tout leur désir de partager cette pratique.

    J’ai suivi bien des cours d’ADD / Parkour où je n’étais que la seule femme et où j’avais déjà trop le sentiment que l’on me faisait une « faveur » en m’acceptant pour en plus prendre le risque d’exprimer mon malaise face aux blagues sexistes, glissées sans que même les auteurs en aient conscience, je pense, tellement les remarques sont banalisées et donc considérées comme acceptables.

    Ma plus grande crainte lorsque j’ai débuté, après m’être décidée à contacter une asso qui m’avait donné trop envie avec sa vidéo promotionnelle (mais où l’on ne voyait que des garçons ados et hommes), c’était de ne pas être prise au sérieux…

    Je ne me suis jamais dite que les femmes ne pouvaient pas faire aussi bien, et je ne comprends même pas comment on peut être convaincu que cela puisse être la cas tellement l’argumentation allant dans ce sens me paraît bancale.

    Mais par contre il est vrai que nous ne grandissons pas avec les mêmes opportunités : on laisse les garçons jouer dehors, alors qu’on ne « laisse pas traîner les filles » dans la rue : on les réoriente vers des activités d’intérieurs pendant l’adolescence.

    Donc sans surprise, nous sommes minoritaires dans toutes les activités de rue : le parkour, le skate, le hip hop, les tags etc…

    Intégrer un groupe d’hommes, sans être prise pour une bimbo, une groupie ou une bécasse, que ce soit dans le parkour, les sports co, le jazz (en dehors du chant), l’informatique, la mécanique etc… n’est pas facile, surtout si l’on débute justement et qu’on ne connaît personne dans le milieu.

    Comment faire pour que l’on ne s’arrête pas à notre silhouette et pour esquiver les remarques dénigrantes ponctuées de flatteries douteuses cherchant à nous amadouer ? Rien qu’avoir à se poser ses questions (souvent inconscientes tellement elles font parties de notre quotidien), nous pompent de l’énergie dont nous aurions pourtant besoin pour notre apprentissage…

    Lors du week-end FPK à Strasbourg l’année dernière, un traceur plaisantait sur la grosseur des « sacs de filles » comparé à celui des mecs, en sous-entendant qu’elles avaient toujours besoin de tout un tas de choses et de 36 vêtements…

    Son commentaire était tellement emplit de préjugés et sans appel, que j’ai estimé que ça n’était même pas la peine de lui en expliquer la raison : oui, nous prenons souvent trois fois plus de vêtements car il y a : ceux que l’on aimerait mettre, ceux que l’on se sent obligées de porter et le compromis entre les deux…

    Lors de ce week-end, c’était la canicule, il était donc carrément plus agréable de s’entraîner en short. Mais est-il possible pour une femme d’être en short sans se faire étiqueter comme allumeuse ? Perso, je n’en étais pas sûre, alors j’avais pris toutes les tailles du short au pantalon, mais quand j’ai vu d’autres femmes s’y risquer, je m’y suis mise aussi.

    Et après avoir passée deux journées intenses à m’entraîner, toute courbaturée le dimanche soir et sachant que je n’allais donc pas en faire plus, je me suis posée la question : puis-je enfiler ce qui me parait le plus agréable à porter après la douche au vu de la chaleur intense, c’est à dire la jupe longue en soie que j’avais apporté ? Ou cela détonne-t-il trop avec « l’image officielle » de toute personne qui trace pour que je n’en subisse pas les conséquences ?

    Finalement, portée par la confiance que m’apportait le fait d’être entourée par d’autres traceuses, et donc de personnes dont je sentais l’estime, je me suis « autorisée » à m’habiller tel qu’il était le plus agréable de le faire au vu de la température et j’ai sortie la jupe.

    Et là, il ne m’a pas fallu 5 min, pour que j’entende un groupe de mec signaler haut et fort au moment où je passais « Elles sont chaudasses les meufs ici ! »

    « Chaudasses » ?? Éclairons le terme, car on a voulu me faire croire que cela pouvait être un compliment, juste de l’argot pour dire « belles femmes »… Le suffixe -asse, est non seulement utilisé dans la langue française pour les insultes dénigrantes vis à vis des femmes, mais « être chaude » ça veut dire quoi si ce n’est « être excitée sexuellement » à l’origine ?

    Être chaudasse, peut-il donc sous-entendre autre chose que « une femme qui cherche désespéramment à avoir une relation sexuelle » ? Que chacun.e apprenne à gérer ses hormones et désirs sans dénigrer ou intimider l’autre ! Les hommes sont-ils rabaissés par les femmes lorsqu’ils se mettent torses nus ? Que cela nous fasse de l’effet ou non, subissez vous des remarques dévalorisantes de notre part ?

    Donc, oui, la première chose à faire pour ne pas faire fuir les femmes qui se risquent dans un milieu dominé par les hommes, c’est de les *traiter toutes avec respect et sans a priori*, en s’intéressant à ce qu’elles font plutôt que de rester bloqué sur leurs corps, de les inclure réellement au groupe, pas de faire semblant.

    Mais les clichés ont la vie dure… Je me suis retrouvée une fois en exploration urbaine avec un groupe de mecs où il n’y avait qu’à grimper et descendre des murs assez simples, mais lors d’une descente, un des sauts consistait à passer au dessus d’un vide de 4m. Saut qui m’a paru tout à fait abordable vu la distance à franchir, malgré mon niveau modeste. Mais il me fallait tout de même m’arrêter quelques instants pour repérer où atterrir car le saut se faisait de biais.

    Et là j’ai vu le visage des jeunes hommes m’accompagnant commencé à se crisper d’inquiétude, me demandant si je l’avais déjà fait et m’assurant que si jamais je ne le sentais pas, il y avait moyen de faire le tour… Je n’avais pas remise en doute ma capacité à faire ce saut qui me semblait dans mes cordes avant de remarquer leurs réactions. Mais bien sûr le doute s’est installé : je me suis dite qu’en effet il ne fallait pas que je me plante car il y avait un sacré vide et que peut-être je n’avais pas la bonne technique finalement… Au final, je l’ai quand même fait, même si j’ai opté pour une technique « deux temps » plus simple me permettant prendre moins de risques…

    Ce genre de situation m’est arrivé à d’autres reprises avec des hommes, dans le parkour ou d’autres domaines, où je ne comprenais même pas pourquoi on s’inquiétait pour moi qu’il fallait déjà que je divise mon énergie à les rassurer tout en me concentrant sur ce que j’entreprenais.

    Tout ça pour dire, qu’il est aussi important de ne pas transmettre ses propres peurs pour l’autre à l’autre : nous ne sommes pas si fragiles que ça, vos doutes impactent notre assurance naturelle…

    Pour en revenir à l’utilisation du terme « fille » plutôt que « femme », je trouve très intéressant de l’avoir souligner, Aurélien, car effet ce n’est pas neutre, mais nous manquons de vocabulaire pour le sexe féminin… On pourrait essayer de se réapproprier des mots, comme le féminin de garçon par exemple, c’est à dire « garce », mais bon pour le défaire de son sens péjoratif ça me semble difficile… Déjà qu’on a du mal à expliquer l’importance de l’écriture inclusive !

    Je suis d’accord avec Mayt sur le fait que beaucoup de jeunes femmes se reconnaissent davantage dans le mot « fille », cependant. C’est plus lié à l’âge, je pense.
    Une récente étude affirmait que l’adolescence s’étendait en réalité de 10 à 24 ans.
    Et je trouve que c’est un peu vrai. Le terme « femme » fait référence au fait d’être adulte pour moi, mais aussi de s’être pleinement approprié son corps de femme : à 20 ans on ne s’y reconnaît pas toujours.

    Personnellement, je ne me suis vraiment sentie « femme » qu’à l’âge de 27 ans. Avant j’étais plus à l’aise avec le terme « fille » pour me définir…

    Un des grands soucis dans notre société, c’est que les femmes sont trop peu présentes dans l’espace public. De « filles », elles passent souvent à « mères » et ne sont plus définies que comme ça, en étant mises en retrait du coup dans la vie professionnelle et les activités socio-culturelles, contrairement aux hommes lorsqu’ils deviennent pères.

    Même si la tendance est au changement, puisque de plus en plus de femmes préfèrent soit retarder l’âge de la maternité, ou, si elles ne sont pas sûre de pouvoir rester femme à part entière tout en devenant mère, y renoncer tout simplement (d’où la chute actuelle du taux de natalité).

    Mais si les hommes se mettent à mettre eux aussi leur carrière en suspend lorsqu’ils deviennent pères et tant que leurs enfants sont jeunes, peut-être que les femmes ne seront plus contraintes à ce choix.

    Pour finir et en ce qui concerne le soutien des initiatives féminines pour leur permettre de se faire une place au sein de la communauté des traceur.euse.s, et bien alors je vous invite à rejoindre le forum addpk.org qui est un espace de discussion neutre sur la pratique, impulsé par une femme justement, en voilà la présentation : http://addpk.org/viewtopic.php?f=23&t=185 .

    En plus de pouvoir échanger sur la pratique de façon informelle et en initiant de nouveaux sujets, il permet aussi d’organiser fin mars et fin septembre des *Week-ends ADDPK* mixtes, donc ouverts aux hommes, mais dont le noyau est féminin puisqu’il s’est renforcé lors des week-ends Traceuses de France…

    Si vous le souhaitez, vous pouvez nous y rejoindre, mais seulement si vous gardez à l’esprit qu’il ne s’agit pas de « rencontrer des femmes qui font du parkour » ou qui « s’intéressent » au parkour, il s’agit *d’en faire avec nous*, sans se mettre en compétition avec nous justement, ou chercher à nous impressionner : nous ne sommes pas là pour être spectatrices, mais pour bien participer et partager, sans avoir à se prouver quoique ce soit sur notre « capacité à ».

    Bref, les week-ends ADDPK sont donc ouverts aux traceurs qui peuvent s’identifier aux traceuses, sans les regarder comme étant « à part ». Parmi nous il y aura des débutantes comme des cascadeuses professionnelles et c’est cet enrichissement dans ces différences de niveau qui nous plaît.

    Le prochain week-end à lieu à Paris du 23 au 25 mars. Donc si vous voulez nous rejoindre *dans cet état d’esprit*, glissez un mot dans le fil de conversation adéquate de addpk.org. 😉

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.